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PHILO - DISSERTATION
INTRODUCTION

Introduction
Développement
Conclusion


Le rôle de l'introduction est de :

  • présenter le sujet
  • poser le problème soulevé par ce sujet
Poser le problème, c'est exprimer ce qu'on appelle la problématique

Et sans une problématique correctement posée, inutile d'espérer avoir la moyenne!
C'est pour cela qu'il est nécessaire d'aborder avant tout la question de la problématique.








PROBLEMATIQUE

-Qu'est ce qu'une problématique?

Une problématique ne figure pas en toutes lettres dans l'énoncé du sujet, mais néanmoins est contenue implicitement en lui : c'est à dire que la problématique ne doit pas être considérée d'emblée comme posée par le simple énoncé du sujet; si le sujet est posé sous forme de question -comme c'est le cas le plus fréquent- le problème ne se confond pas avec la question.

La problématique d'une dissertation de philosophie est le jeu de questions, liées entre elles et tirées du sujet lui-même, auxquelles le développement va progressivement répondre.

La problématique est donc un programme de questionnement élaboré à partir de la question posée par le sujet.

PROBLEMATISER une question, c'est déployer cette question en questionnement : c'est se poser les questions auxquelles il faut répondre pour pouvoir ensuite répondre à cette question.

-Exemple de questionnement:

Sujet: «L'embryon est-il une personne?»

Il ne s'agit pas de répondre par oui ou par non directement mais de se poser le problème qui y est contenu. Ici le problème consiste à se demander: «Qu'est ce qu'une personne humaine? Est-on une personne humaine dès sa naissance, ou le devient-on? Quels sont les critères à partir desquels on peut dire qu'on a affaire à une personne? Le fait de vivre? de posséder la raison?

=> Faire cela, c'est construire la problématique

-Pourquoi une problématique?

Une question d'un sujet philosophique ne reçoit pas une réponse précise, univoque (oui ou non); on ne peut répondre directement à un sujet tel que «Peut-on s'attendre à tout?» ou «L'irrationnel est-il toujours absurde?»

Aucune question n'est neutre, et la réponse à un tel sujet n'est pas une connaissance.

On répond à la question du sujet en proposant plusieurs points de vue (thèses) dont on a analysé la validité, ce qui permet de relativiser ces points de vue, et de porter un jugement.

=> c'est ce qu'on appelle construire une problématique. C'est ce travail de discussion et d'examen qui constitue proprement l'exercice philosophique et que l'on demande de faire en dissertation.

Si la dissertation doit apporter une réponse, ce ne peut être qu'après s'être suffisamment interrogé, après avoir posé les bonnes questions.

La problématique est ainsi essentielle : elle fixe les grandes lignes du développement et donc le plan! En effet, les questions que vous aurez élaborées à partir du sujet indiqueront le plan du devoir.

Problématique = fil conducteur de la réflexion

-Comment faire une problématique?

Puisqu'elle est un système de questions tirées de l'énoncé, c'est à partir de l'analyse du sujet que l'on va construire cette problématique; et plus précisément l'analyse des notions, des termes du sujet (qui sont des grands thèmes ayant une portée philosophique comme la liberté, le droit, la passion,, la conscience, penser,...)

La problématique effectue la synthèse de la lecture et de l'étude préliminaire du sujet.

Lire et étudier le sujet, c'est :

-réécrire le sujet au brouillon de manière à faire apparaître nettement les parties qui le constituent et le(s) terme(s) sur le(s)quel(s) il porte.

-se demander de quoi il est question dans le sujet de manière à déterminer le domaine de la réflexion et à écarter les faux problèmes et hors-sujets.

-se demander s'il n'y a pas plusieurs lectures possibles du sujet pour ne pas laisser des aspects ou des problèmes qui pourraient s'avérer essentiels.

-chercher les présupposés et implications du sujet

-noter les idées, références, exemples, questions,.....,que la lecture du sujet inspire.

Exemple:
«Peut-on considérer les droits de l'homme indépendamment de ceux du citoyen?»

Il faut avant tout avoir une bonne compréhension de ces deux types de droits; et savoir que les mots «homme», «citoyen», «justice» ne sont pas de simples mots de la langue, mais qu'ils ont tout un sens philosophique construit au fil des siècles; un sens qu'il faut étudier (avant de rédiger la dissertation) si l'on ne veut pas tout mélanger.

Après avoir étudié le sujet et les termes contenus dans l'énoncé, il faut se demander: Pourquoi la question se pose?

Exemple:
«L'embryon est-il une personne?»

Pourquoi la question se pose? Les progrès de la médecine et de la procréation artificielle font surgir de nouvelles questions d'ordre moral. Les hommes sont face à des responsabilités inédites. Les enjeux de cette question sont concrets: c'est sur la réponse que reposent les prises de position des partisans et adversaires de l'avortement.

D'autre part, les techniques modernes de manipulation de l'embryon (stockage, congélation,...) ajoutent de nouveaux problèmes à la réflexion éthique. Ne risquent-elles pas de remettre en cause progressivement la frontière entre personnes et choses et d'annuler ainsi les repères les plus anciens de la morale?

=> tout ce travail essentiel sur ce sujet est un travail préalable de recherche. Et de ce travail va se dégager le problème philosophique posé par le sujet, la problématique à construire, et donc le plan de la dissertation.

Il faut «cogiter»! Et ce travail doit apparaître dans l'introduction.

On peut maintenant aborder la question de l'introduction elle-même

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INTRODUCTION

  • Remarque : on a contume de dire que l'introduction doit être rédigée à la fin, quand le travail au brouillon est fini et qu'on a une bonne vision d'ensemble de la dissertation.

    C'est un bon conseil car cela évite de passer trop de temps au début à se demander ce que l'on va dire dans cette introduction....et cela évite de faire la pire des intro: la paraphrase du sujet.

  • MAIS, l'introduction peut tout aussi bien être rédigée juste après avoir lu , étudié et compris le sujet. L'esprit est ainsi libéré de tout problème de commencement et peut se consacrer à l'élaboration de l'argumentation. (Mais ne la recopier néanmoins au propre qu'à la fin).

    -Le rôle de l'introduction est de poser le problème philosophique soulevé par le sujet.

    C'est donc tout le travail (expliqué dans «problématique») de recherche et de formulation de la problématique qui doit apparaître dans l'intro : c'esd le jeu de questions, liées entre elles et titrées de l'étude du sujet qui doit y figuré -en 2ème partie d'intro-

    Et comme nous avons vu que la problématique, ce programme de questionnement, à pour but essentiel de fixer les grandes lignes du développement -puisqu'il s'agit de questions auxquelles le développement va progressivement répondre-, il est inutile d'énoncer dans l'introduction le plan de la dissertation.

    Par exemple ne pas dire : «Premièrement, nous allons montrer que.....; deuxièmement nous établirons que.....»

    L'annonce du plan est contenue dans l'énoncé de la problématique.

    Avant cet exposé du problème, l'introduction doit présenter le sujet; on doit y retrouver l'énoncé du sujet.

  • MAIS EVITER de commencer par des lieux communs du genre : «De tout temps....» ou «Depuis toujours les hommes.....»

    On peut partir de quelque chose de particulier comme une anecdote ou un exemple pouvant servir de point d'ancrage à une question plus abstraite : mieux vaut aller du particulier (l'exemple) au général (la question).

    -Pour introduire

    • amener le sujet à partir des raisons qui vous conduisent réellement au problème qu'il pose
    • formuler le sujet tel qu'il est posé et de manière à ce qu'il apparaisse comme le point d'aboutiseement des raisons qui y conduisent (une simple modification du libellé du sujet peut être lourde de conséquence -hors-sujet-)
    • donner le cadre de la réflexion sur le sujet : faire connaître l'orientation générale de la réflexion
    • dégager l'enjeu du sujet, c'est à dire le(s) problème(s) philosophique(s) en jeu; montrer l'intérêt philosophique du sujet.

    -Exemples

    -Sujet: «L'art nous détourne-t-il du réel?»

    Travail complet à faire pour dégager le problème et faire l'intro:

    • s'interroger sur le sujet et ses termes «se détourner» c'est changer de direction c'est se trouver d'un autre côté pour éviter quelque chose ou quelqu'un
      Le sujet associe art et réalité, comme si la fonction de l'art était de reproduire le donné, ce qui existe actuellement, de l'imiter

    • Problème : l'art a-t-il pour finalité de nous montrer ce que nous voyons déjà? Consiste-t-il à imiter les objets naturels (la réalité) ou ne propose-t-il pas une manière détournée d'accéder à la réalité? (on voit bien là le jeu de questions liées entre elles qui définissent le problème)
    De cette problématique se dégage le plan :
    • 1. L'art ne nous détourne pas du réel: il l'imite
    • 2.L'art comme imitation de la nature est un principe inacceptable
    • 3. L'art nous détourne du réel mais pour mieux y revenir

    D'où l'introduction :

    • Se détourner , c'est ne plus regarder ce que nous regardions auparavant. C'est regarder ailleurs, autrement. L'art a-t-il pour fonction de nous détourner du réel, de nous y soustraire? Mais ç qulle fin? Serait-ce pour mieux y goûter, y découvrir l'essence cachée des choses? L'art est-il révélateur?

    (on voit là qu'il n'y a pas besoin d'annoncer le plan; il est contenu dans l'énoncé de la problématique sous forme de questions.)

    -Sujet : «L'histoire peut-elle être contemporaine?»

  • Intro : Il n'est pas rare que l'acteur ou même le spectateur d'un événement ait le sentiment de vivre un «moment historique, soit une situation appelée à s'inscrire durablement dans la mémoire collective parce qu'elle aura un rôle déterminant dans l'évolution des choses.
    Mais peut-on décrire iimmédiatement un tel moment? Peut-on, non seulement le décrire, mais encore en déceler les origines, en deviner les aboutissements? Cela semble difficile, et c'est pourtant ce que prétendrait faire une histoire du contemporain. Cette dernière est-elle envisageable?

    -Introduire au moyen d'une citation:

    Quand on n'a pas su analyser les présupposés d'une question et qu'on ne voit pas immédiatement pourquoi elle se pose, la citation peut être un bon moyen de commencer, SI :

    • elle permet effectivement d'introduire au sujet (pas de citation décorative)

    • elle n'est pas plus utile au développement qu'à l'introduction

    Exemple: «Un homme raisonnable est-il un homme insensible?»

  • Intro : «Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée» écrit Descartes dans le Discours de la méthode. La spécificité de l'homme semble être la raison. Tout homme doit penser par lui-même, développer sa raison, pensaient les philosophes du siècle des Lumières. La raison exige ordre, mesure.

    Ainsi un homme qui suivrait ces préceptes, qui ferait l'effort d'utiliser le mieux possible, le plus souvent possible sa raison, serait un homme sans sentiment? Deviendrait-on cruel en devenant raisonnable? Y a t-il opposition entre ces deux adjectifs: ne peut-on être raisonnable et plein de compassion? La raison exclut-elle donc le coeur?

    -Mauvaises introductions :
    -l'introduction qui ne dit rien

    • c'est celle qui commence immédiatement par l'énoncé du sujet et se contente d'annoncer une réflexion surle sujet
    • c'est celle qui commence par la formule classique (un lieu commun...): "De tous temps / Depuis toujours,les hommes....." et qui fait surgir le sujet artificiellement au moyen d'un "mais" ou d'un "alors" sans valeur logique; c'est l'introduction "magique" qui ne veut rien dire
    • c'est l'introduction qui commence par une citation inadéquate au sujet; certes cette pratique est possible mais la référence doit permettre vraiment de conduire au sujet, ne doit pas être gratuite ou inutile.

    -l'introduction qui dit déjà tout:
    • elle est souvent trop longue; le développement se contente alors d'illustrer l'introduction au moyen d'exemples ou de ressasser tout le temps les thèses avancées dès l'introduction
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