-Concept
Se définit d'une manière classique comme l'accord de la pensée (perception, jugement) avec le réel.
= un caractère de notre connaissance et non de ce qui existe (le réel)
En revanche, en mathématiques, où il s'agit uniquement de la rigueur interne d'un raisonnement, la vérité se définit par «l'accord de la pensée avec elle-même» (Kant).
Lorsqu'il s'agit du devenir historique, on doit alors se faire une conception «dialectique» de la vérité: elle est «l'accord de ce que nous pensons avec ce qui va venir» (Hegel, Marx).
Selon donc qu'il s'agit du monde physique ou du monde de l'histoire et des relations humaines, la vérité possède un sens absolu ou relatif.
- Platon et la vérité comme absolue, comme participation à l'Idée
La participation à l'Idée et l'ascension réglée vers elle définissent chez Platon la vérité et constituent le seul modèle de vie et d'existence digne de l'homme.
Cf l'allégorie de la caverne : les hommes sont semblables à des prisonniers enfermés dans une caverne et immobilisés, la figure tournée vers la paroi opposée à la lumière; sur cette paroi sont projetées les ombres d'êtres allant et venant, circulant sur une route en contre-bas. Les prisonniers prêtent à ces ombres une réalité qu'elles ne sauraient avoir. Quel est alors le chemin vers la vérité? ->la sortie du prisonnier hors de la caverne; quand il contemple non plus les reflets ou les ombres des choses, mais les choses elles-mêmes, alors il abandonne le monde des apparences pour le seul monde vrai, celui de l'Idée, de la réalité éternelle.
- Vérité = évidence
C'est avec Descartes qu'a commencé à apparaître la doctrine moderne de la vérité: en poussant le doute jusqu'au bout, Descartes parvient à une certitude inébranlable. Il répudie comme fausses toutes les opinions admises
(rappel du doute cartésien: cherchant à connaître la vérité, à savoir où est le vrai, Descartes décide d'appliquer le doute systématique sur tout ce qu'il y a en lui, sur tout ce en quoi il croit, jusqu'à ce que plus rien n'existe en lui -cf «Discours de la méthode»).
Il trouve la vérité dans la certitude qui surgit au sein même du doute. Ainsi, par exemple, c'est l'idée claire et distincte qui apparaît critère du vrai. Les idées évidentes se divisent en idées claires (c'est à dire manifestes à un esprit attentif) et en idées distinctes (une idée est distincte quand on ne peut pas la confondre avec une autre idée).
Le critère de la vérité est dans la connaissance claire et distincte.
«Le premier précepte était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle; c'est à dire d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'eusse aucune raison de le mettre en doute»
La certitude cartésienne constitue un moment important dans l'élaboration du vrai: le sujet construit sa vérité, puisque la lumière de l'évidence est le seul guide véritable.
Mais le critère cartésien n'est pas toujours suffisant (cf la diversité des témoignages vis-à-vis d'un même phénomène, dont l'interprétation entraîne des discussions sans fin).
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En complément :
Consultez les sujets sur le thème de la Vérité dans la rubrique "Annales".
Par exemple :
La vérité est-elle humaine? ~
Suffit-il d'être certain pour être dans le vrai? ~
A chacun sa vérité ~
Y a-t-il un droit à l'erreur?
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