-Nos lectures ne forment pas simplement un ensemble de connaissances; si la «culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié» selon un célèbre adage, elle a une fonction dans la vie quotidienne; dans nos réflexions, dans nos expériences. La culture littéraire enseigne une manière de vivre en société et d'apprivoiser le monde.
1. L'homme cultivé sait vivre en société
-la culture doit permettre à l'homme d'apprendre, et donc de penser librement sa place dans le monde et la société. Connaître une civilisation, dans ses fondements historiques et politiques, facilite l'insertion. Certes l'enfant est éduqué pour être poli, respecter le bien d'autrui,...etc...Mais pour participer vraiment à la vie sociale et politique, il est nécessaire de l'analyser et de la comprendre : ce que permet la culture littéraire appropriée.
Le bagage culturel que chacun a acquis permet de maintenir l'harmonie entre les membres de la société.
-d'autre part, l'histoire nous situe dans le temps et fait prendre conscience du poids du passé. Les ouvrages historiques n'ont pas seulement fonction de nous faire acquérir un savoir, ils nous communiquent aussi des informations sur le présent (cf les problèmes de l'ex-Yougouslavie qui peuvent se comprendre en remontant à la situation de 1914).
-nos lectures littéraires nous préparent aussi à devenir des citoyens responsables (initiation aux grands problèmes politiques, remise en cause des valeurs admises, des ordres donnés, des préjugés,...)
2. La culture littéraire donne un accès au monde
-qu'elles soient «utiles» ou fassent rêver, évader, les lectures donnet un sens à notre vie, et elles font accéder à d'autres vies, d'autres pensées.
-l'homme moderne est confronté à une masse d'informations et de renseignements bruts -cf les journaux, les télés n'analysent pas la portée des événements : à chacun de faire l'effort d'information nécessaire pour comprendre et s'enrichir
Cf la connaissance de la psychologie, à travers les personnages de romans, qui peut nous être utile dans notre propre vie (cf la générosité à travers Jean Valjean dans «Les Misérables», ou «Le Père Goriot» de Balzac qui enseigne l'abnégation des parents vis-à-vis de leurs enfants).
-cependant la supériorité sur le monde et donc parfois sur les autres que nous apporte la lecture n'est pas sans danger; c'est l'élitisme: aimer la culture, la défendre, peut amener à mépriser le reste de la population et relève d'une sorte d'égocentrisme.
Lorsqu'elle vise un savoir pour le savoir, sans véritable réflexion, la culture littéraire n'est pas digne de ce nom.
De plus elle fonctionne comme un filtre déformant entre soi et le monde. La littérature abonde en exemples de personnages obnubilés par leurs lectures au point de se perdre (cf Mme Bovary et ses romans d'amour).
=> Ne pas se laisser guider aveuglement par la culture -littéraire-
3. L'enseignement littéraire doit être un éveil
-plus qu'un contenu de la pensée, il doit apporter une méthode, un entraînement, un éveil
La réflexion individuelle, forme de liberté, naît de l'exercice du discernement.
En éveillant notre sens critique, nous apprenons la lucidité, en particulier sur les réalités désagréables (utile dans nos expériences personnelles de la vie). Cf par exemple Louis Ferdinand Céline et son éloge de la lâcheté dans «Voyage au bout de la nuit» qui peut mettre mal à l'aise le lecteur; une telle oeuvre ne vise qu'à nous faire prendre conscience de la lâcheté des hommes.
-la culture littéraire a pour fonction de semer le doute dans les esprits. Par un paradoxe propre à la culture, on arrive à la conclusion de Socrate : «Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien»
Cf aussi André Gide affirmant que le rôle de l'écrivain est d'inquiéter.
-la culture -littéraire- apprend à penser et à douter; elle implique donc l'intérêt pour d'autres modes de pensée et enseigne la tolérance (grande qualité que nous devons efforcer d'appliquer dans notre vie personelle).
Nous pouvons nous tromper et revenir sur nos erreurs; et grâce à nos lectures, notre vision du monde se diversifie, et nous pouvons alors être amenés à penser que bien des opinions différentes des nôtres contiennent une part de vérité.
=> Somme d'informations objectives acquises par les lectures, l'enseignement littéraire permet de se situer dans le monde et de le comprendre. Et si cette culture est tournée vers l'extérieur, elle devient pleinement un art de vivre : tout à fait «utile» dans les propres expériences de la vie de tout individu.