Vie / Oeuvres
Mathématicien, physicien, philosophe et écrivain français. Appartenant par sa naissance à la haute bourgeoisie auvergnate, il acquiert une formation précoce dans les lettres et les sciences. A 16 ans, il publie un Essai sur les coniques. A 19 ans, pour aider son père chargé de l'administration fiscale de la Normandie, il invente la machine à calculer. Puis il poursuit ses études scientifiques sur le vide.
Son attitude change en 1654: il échappe de peu à un accident et, à la suite d'une nuit d'extase (23 Novembre 1654) (dont le Mémorial reste un témoignage) il fait un retour total à Dieu.
Les 18 Lettres provinciales sont une défense d'Arnauld et de la rigueur de Royal contre la Sorbonne et les Jésuites. Sa réflexion théologique se prononce dans les Ecrits sur la grâce.
Sa méditation se tourne alors vers une apologie du christianisme, pour laquelle il accumule les fiches et les notes.
Mais la maladie ne lui laissera plus de répit. Son oeuvre capitale qui devait être son Apologie de la religion chrétienne restera inachevée: elle subsiste en fragments: les Pensées
- Essai pour les coniques (1640): ce traité de mathématiques, premier écrit scientifique publié de Pascal, valut à son auteur une admiration unanime et le classa parmi les plus grands savants de son temps.
- Traité du vide (1651): Ce fragment de préface pour un traité que Pascal n'écrivit jamais constitue un plaidoyer en faveur de l'expérimentation scientifique. En vérifiant par l'expérience les hypothèses de Torricelli sur la pression atmosphérique, Pascal confirme l'existence du vide dans la nature, ce que niait la théorie scolastique et aristotélicienne.
- Traité du triangle arithmétique 1654: Il y déduit les applications de son célèbre tirnagle et jette les bases du calcul des probabilités.
- Les Provinciales (1656-1657): ouvrage polémique sous forme de lettres; il y prend la défense des jansénistes dans la dispute théologique qui les oppose aux jésuites, entre autre sur la question de la grâce. Pour les jansénistes et pour Pascal, les hommes, depuis le Péché originel, ne sont pas libres de se sauver.
- De l'esprit géométrique et de l'art de persuader (1657): Pascal y montre que les mathématiques, comme toute connaissance humaine, reposent sur des notions qui ne peuvent être démontrées. Il souligne les limites des vérités rationnelles affirmant la supériorité des vérités du coeur et des 'vérités divines'.
- Pensées (1669-1670): Notes et fragments publiés après sa mort, et qui devaient formés son 'Apologie de la religion chrétienne' à laquelle il se consacra pendant les dernières années de sa vie. Pascal cherche à convertir le lecteur libertin et sceptique, à la foi en s'adressant aussi bien à sa raison qu'à son coeur.
Apport / Intérêt
La pensée de Pascal, profonde, austère et parfois angoissée, toujours vivante et émouvante, demeure un thème particulièrement suggestif pour la réflexion philosophique sur l'homme. L'existentialisme revendiquera d'ailleurs la paternité de Pascal.
Pascal tente de réconcilier raison et religion mais, au contraire de Descartes il nie la primauté du «moi» en soulignant la misère de l'homme et en affirmant la toute puissance de Dieu.
Au nom de l'expérience mystique, il rejette les idées cartésiennes; il veut trouver une vérité totale, il veut être sauvé. Les raisonnements sont insuffisants et seule l'intuition du coeur approche de la réalité. Pascal recherche d' autres moyens. Ilse fonde sur l'intuition, l'expérience et l'autorité, et pense que le but ultime de la vie est de se convertir.
Pascal a mis ses dons intellectuels exceptionnels au service d'une foi fervente. Il s'est révélé aussi bon théologien que mathématicien. Mystique doublé d'un logicien redoutable, il a su donner à ses arguments en faveur de la foi une force presque irréfutable.
«La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent»