* Vie / Oeuvres
Philosophe français, Merleau-ponty est à la croisée de deux mouvements philosophiques, la phénoménologie (cf définition ci-dessous) de Husserl et l'existentialisme de Sartre. Il fut professeur à l'Université de Lyon, à la Sorbonne et au Collège de France à partir de 1952.
A partir de 1945, il anime avec Sartre la revue Les temps modernes. Sa réflexion sur les problèmes politiques, et en particulier sur le marxisme, l'amène à prendre une position de gauche mais à se dégager du communisme; c'est alors qu'il se sépare de Sartre en 1953 et quitte la direction de la revue. Il meurt brutalement en 1961.
Son oeuvre est doublement inachevée, en raison de sa disparition soudaine et parce que c'est l'expression d'une pensée qui ne prétend à aucun moment en finir avec le questionnement du réel.
- Structure du comportement (1942) : Merleau-Pony estime que le comportement a une «structure», c'est à dire un ordre et une signification. C'est l'acte par lequel l'homme dépasse son enlisement dans le monde pour lui donner un sens. Il s'adapte à son milieu, mais il est aussi capable d'adapter le milieu à ses propres exigences. Il n'est pas seulement un être du monde, il est aussi un être qui se fait présent au monde.
- Phénoménologie de la perception (1945): Le monde n'est pas un spectacle se déroulant sous le regard d'un spectateur impartial. Le sujet est à tout moment engagé dans le monde, et par la perception nous donnons une signification subjective aux événements perçus. Percevoir quelque chose, c'est lui donner un sens. Le sentir «investit la qualité d'une valeur vitale, la saisit d'abord dans sa signification pour nous».
Il s'agit de prendre parti contre le rationalisme qui, en faisant intervenir trop tôt le jugement, transforme trop vite le «monde vécu» en «monde objectif».
- Eloge de la philosophie (1952): Ouvrage définissant le philosophe comme déchiré entre le savoir et l'ignorance. c'est «un étranger dans la mêlée fraternelle» des antagonismes, car il aime la vérité mais craint toujours les affirmations trop brèves et trop simples pour être vraies.
* Apport
Sa conception de l'homme engagé dans le monde et dans l'histoire, et réfléchissant à partir de cet engagement, son idée de la philosophie partagée entre l'action et la pensée, le «non-sens» et l'»absolu», caractérisent sa doctrine comme une méditation sur l'homme pris dans son existence concrète, à la fois esprit et corps, raison et chair. Il ne voulut jamais trancher les problèmes mais les approfondir, et, d'une façon générale, approfondir ainsi les frontières qui séparent et unissent la conscince et l'inconscient.
Merleau-ponty est l'un des premiers penseurs de ce siècle à contester l'opposition entre la philosophie et la littérature. Selon lui, «la tâche de la litérature et celle de la philosophie ne peuvent plus être separées». Il y a une solidarité entre l'art, la littérature et la philosophie. L'idéal d'un langage et d'une pensée «purs» qui hante la tradition philosophique est tout à fait illusoire. Le philosophe doit tenter de rendre manifeste par-delà ce qu'il dit, l'activité de penser qui l'anime.
Merleau-Ponty a engagé le dialogue avec les sciences humaines (anthropologie, linguistique, psychanalyse,...) et s'est efforcé de justifier phénoménologiquement le concept d'inconscient.: l'analyse du vécu fait apparaître une conscience qui s'échappe à elle-même, une conscience baignée d'inconscient.
Coté politique, sa réflexion est aussi importante; il a mis en question l'idéologie marxiste, et sa pensée a alimenté la réflexion sur le socialisme comme elle anime encore le dialogue de la philosophie et des sciences humaines.
-Phénoménologie: Au sens général, étude descriptive d'un phénomène. C'est aussi un mouvement philosophique qui se donne pour règle de «revenir aux choses mêmes».