Vie / Oeuvres
Philosophe et historien écossais, David Hume commença comme commerçant, voyagea en France, fut sous-secrétaire d'Etat et finit comme bibliothécaire de la corporation des avocats d'Edimbourg. Hume s'inscrit dans le courant de l'empirisme anglais, qui considère que toute connaissance provient uniquement de l'expérience. Il remet en cause la métaphysique classique.
Hume s'attaque à une philosophie qui se préoccupe d'objets métaphysiques comme l'âme ou Dieu. Selon lui, ce sont des choses que l'esprit humain ne peut comprendre. La philosophie doit rester humaine en prenant pour objet d'étude l'entendement humaine: comment connaissons-nous, et que connaissons-nous?
-Il développe dans ses oeuvres une philosophie empiriste, qui déduit tous les principes de la raison humaine à partir de l'expérience et de la sensation. Il ramène les lois de la nature à des habitudes de l'homme, ce qui devait profondément troubler Kant.
Ses Essais moraux et politiques inspireront les théories économiques de Adam Smith et celles des économistes libéraux : il est le 1er à formuler la théorie classique de la répartition de l'or entre les nations.
- Traité de la nature humaine (1740): A partir de l'expérience et de l'observation de notre comportement et de nos croyances, Hume analyse ce que nous savons et le manière dont nous savons.
Pour lui, il n'y a pas d'idées en soi ou innées; nos idées ne sont que des copies de nos impressions les plus vives. Ainsi, la source de nos idées provient de nos sens. Cela implique que ce que nous prenons pour une loi de la nature -une relation nécessaire, de cause à effet, entre deux phénomènes- n'est qu' une vue de notre esprit: l'habitude d'observer deux phénomènes qui se produisent souvent ensemble finit par nous faire croire qu'il y a un rapport entre eux.
- Essais moraux et politiques (1741): Le scepticisme de Hume s'étend à la politique et à la morale. Pour Hume l'autorité politique n'est pas fondée sur un principe rationnel : elle tire sa légitimité de l'agrément et de l'utilité sociale qu'elle procure aux hommes et est donc un pis-aller plutôt qu'un souverain pouvoir. Quant à la morale, bien qu'universelle, elle n'a aucun fondement objectif ou scientifique. Elle relève avant tout du sentiment et du sens commun.
Seule l'action nous pousse à agir,jamais un raisonnement. Est donc vrai ou bon ce en quoi nous avons besoin de croire pour agir.
- Enquête sur l'entendement humain (1748): ce résumé du Traité comporte un ajout concernant la religion, où l'esprit critique de Hume frise de près l'athéisme. La question des miracles comme preuve de l'existence de Dieu y est sérieusement mise à mal. Pour Hume non seulement la probité des témoins est loin d'être fiable (ces derniers pouvant être en proie à une hallucination collective), mais il serait encore plus miraculeux de croire aux miracles que de ne pas y croire? De ce fait, la saine raison conseille à l'homme avisé de ne pas y croire (même si Hume ne 'dit' pas que les miracles n'existent pas...).
Quant à la Providence, elle n'est qu'une projection de nos propres qualités transformées en un Etre suprême.
Intérêt / Apport
-Hume critique tous les concepts et tous termes de la pensée de son temps. Il constitue, peu à peu, une méthode expérimentale, puis élabore une théorie, l'empirisme: l'esprit humain et les lois de son fonctionnement permettent seuls d'appréhender la réalité. Or, les mécanismes que nous livrent les sens sont fondés sur les impressions et les associations d'idées: des habitudes. Toute une vie ne forme qu'une série ininterrompue de perceptions, de successions, de relations.
-Réaction contre le dogmatisme: Hume est l'un des pères de la philosophie moderne, laquelle a cessé de croire en l'absolue puissance de la raison. Quand Rousseau a affirmé l'importance du sentiment et dit que le bien, que la raison nous montre, ne sera jamais un facteur d'action, il s'inspire assuréement de la pensée de Hume.
Kant lui rendra hommage pour l'avoir réveillé de son «sommeil dogmatique». Il reconnaîtra alors que la raison doit avant tout servir la morale plutôt que le savoir.
=> Bien des principes de la philosophiede Hume pourraient éviter au fanatisme d'avoir autant de prise aujourd'hui. Le scepticisme philosophique de Hume souligne les limites de l'intelligence humaine, et surtout sa faillibilité. La où nous pensons détenir une vérité, nous
devons nous rappeler en toute circonstance que nous pouvons être victimes d'un préjugé.