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Auteurs Philo

DESCARTES
1596 - 1650




Philosophe français, né en Touraine; il fut séduit d'abord par la carrière des armes, il passa la plus grande partie de sa vie en Hollande, soucieux de se mettre à l'abri des persécutions de l'Eglise.

Philsophe classique par excellence et symbole de l'esprit d'un peuple tout entier, il est de fait qu'il imposa à notre culture un style de pensées par «idées claires et distinctes», et qu'il libéra la réflexion philosophique de toute autorité (religieuse ou politique), inaugurant ainsi que la pratique de la «méditation personnelle».

Grâce à Descartes, ce n'est plus la religion qui dicte à l'homme ce qu'il doit penser, mais l'homme lui-même, sa pensée, le «je pense». Il place donc la personne humaine au centre de son système et il l'étudie par la méthode rationnelle, applicable à tous les domaines de la connaissance.

Présenté comme le créateur du rationalisme, il est d'abord un homme de la méthode, écrivant en français et utilisant la raison. Car il veut des règles (évidence, analyse, synthèse, dénombrement) et il se fonde sur l'évidence et l'intuition. Or, au milieu de tous les doutes possibles subsiste le Cogito, c'est à dire la pensée et c'est la première vérité certaine. Toutes les autres preuves et raisonnements de Descartes se rattachent à ces connaissances intimes, biologiques et passionnelles de l'être.

- Discours de la méthode (1637)
Descartes fut d'abord, comme Pascal, un mathématicien; il acquit par la pratique des sciences pures la rigueur de l'esprit, une confiance absolue dans la raison, un besoin d'évidence et de clarté qui sont les principes de sa réforme philosophique.
Aussi son originalité consiste-t-elle à rejeter l'autorité, et à repousser le syllogisme, méthode de raisonnement tout au plus susceptible de démontrer la vérité déjà admise mais incapable de nous en faire découvrir d'autres.
Descartes veut que nous raisonnions avec notre bon sens, c'est à dire avec notre raison, «la chose du monde la mieux partagée», mais aussi celle dont nous savons le moins faire usage, faute d'une méthode. Il va donc dans son discours nous apprendre à raisonner, au moyen de l'analyse et de la synthèse.
Les quatre règles de la méthode de Descartes :
- «Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment telle»
C'est le critérium de l'évidence substitué à celui de l'autorité. Toute une partie de la philosophie moderne en dérive. Mais encore faut-il savoir chercher et reconnaître les caractères distinctifs de cette évidence; et c'est ici que Descartes fait intervenir la méthode mathématique de l'analyse, qui est sa seconde règle.
- «Diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux résoudre».
Ainsi procèdent les mathématiciens chaque fois qu'ils ont un problème à étudier, pour chercher les rapports d'où ils tireront leur solution.
- «Conduire par ordre mes pensées en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusqu'à la connaissance des plus composés».
C'est la synthèse qui, après l'analyse, reconstruit, au moyen de l'intuition, ce que l'analyse avait divisé.
- «Faire des dénombrements entiers».
Ces énumérations complètes sont nécessaires pour qu'aucun terme du problème ne reste obscur, et pour qu'aucune conséquence de sa solution ne nous échappe.

Après avoir ainsi substitué au raisonnement par le syllogisme scolastique celui des mathématiques, Descartes se l'applique à lui-même. Il fait table rase de toutes ses connaissances antérieures, et par le doute méthodique, il essaie de retrouver les principes évidents d'une philosophie. Mais s'il doute, il pense et s'il pense, il existe : c'est le fameux «Je pense, donc je suis» («Cogito, ergo sum»).
De sa pensée, il s'élève à la connaissance de l'âme, puis à celle de Dieu : il a en effet l'idée de l'infini, laquelle ne peut lui venir ni de lui-même, être essentiellement borné, ni du monde extérieur.

Et aussi....
- Méditations métaphysiques (1641)
Moins connues du grand public, les Méditations apparaissent comme le développement des principes énoncés dans le Discours. Descartes s'attache à démontrer l'existence de Dieu et à expliquer la nature de l'âme.

- Lettres à la princesse Elisabeth (1642-1649)
Descartes entretint une correspondance avec la fille du roi Frédéric V de Bavière, femme fort cultivée et admiratrice critique. En tentant de lui expliquer le problème de l'union de l'âme et du corps, Descartes sera peu à peu amené à préciser sa morale.

- Traité des passions (ou Les Passions de l'âme) (1644)
Cet ouvrage fait suite aux questions abordées dans les Lettres à la princesse Elisabeth. Descartes essaie de montrer comment les mouvements du corps peuvent agir sur l'âme et vice-versa.

* Apport
Ayant affirmé la primauté du «je», de la personne, Descartes apparaît comme le premier philosophe moderne. Et il a unifié tous les dommaines de la connaissanes en les soumettant à un principe unique : la méthode rationnelle.

-La méthode : La pratique des mathématiques montre que la raison peut arriver par elle-même à des vérités évidentes sans le recours à l'expérience. Fondant la connaissance sur la raison et le bon sens donc, Descartes l'a pour ainsi dire mise à la portée de tout le monde: chacun peut parvenir à la vérité.

-La métaphysique : Soucieux de ne pas heurter les autorités ecclésiastiques, mais aussi par conviction, Descartes a voulu harmoniser sa philosophie, potentiellement subversive, avec les vérités de la religion.

-La science : Descartes fut aussi un grand mathématicien. Son plus grand titre de gloire dans ce domaine réside dans l'invention de la géométrie analytique, c'est à dire de l'application de l'algèbre à la géométrie. Et, bien que ses idées en physique soient pour la plupart caduques, il a découvert, en optique, les lois de la réfraction qui portent son nom.



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